音楽をもっと身近なものにするために、ヴァイオリンを中心にさまざまな楽器編成で、演奏機会の少ない現代・近代の作品を取り上げて、室内楽コンサートを行っています。初めて聴く音楽に耳を澄ます楽しみを味わってください。
La note de programme de Quartiers d'ete 2009
WILD (2003)

J'avais envie depuis longtemps d'écrire une pièce qui s'appellerait Wild, « sauvage » en français, le terme étant le même en anglais et en allemand.

Cette commande du CNR de Boulogne m’en a donné l’occasion. L’oeuvre est dédiée à Michel Michalakakos et Xavier Gagnepain qui en ont eux-mêmes déterminé l’effectif : les duos pour alto et violoncelle sont en effet assez rares et son interprétation a permis une fructueuse collaboration entre les élèves des classes d’alto et de violoncelle. Cette pièce étant à caractère pédagogique, la durée en est volontairement courte.

Conformément à son titre, l’écriture de ce duo est âpre et violente, les deux instruments étant souvent étroitement associés dans un même mode de jeu
et dans une même tessiture, formant ainsi une étroite unité de timbre, à l’intérieur d’un discours toujours haletant et tendu. Alternent ici plages immobiles et déflagrations, où prédominent, comme dans mes autres pièces pour cordes, la violence des attaques et la fluidité de l’écriture.



MOVING (2001)
Trio à cordes n°3

Le titre est évocateur : il s’agit de mouvement. Au fur et à mesure de mon travail s’est imposé de façon de plus en plus insistante la nécessité d’une musique en perpétuel mouvement. Une musique qui procède plus par mutations que par développement, une musique à multiples facettes, changeante, irisée, insaisissable.

Je parle de nécessité, car, en réalité, je ne sais pas trop pourquoi je suis amenée à une telle écriture. Cela relève d’une poussée intérieure, quasi biologique, où il s’avère impératif d’exprimer par là une puissante énergie. Mes dernières œuvres en portent la trace : « Siloël » (ange de l’énergie), « Hallel »(louange), « Exultet », « Vivere », « Moving ».

Ce propos n’est pas sans poser de problèmes. Car comment donner forme au jaillissement initial sans l’altérer. Si la facture est trop élaborée, le matériau reste inerte. S’il prend le pas sur la structure, l’œuvre s’effiloche. Bref, il s’agit de rester sur la ligne de crête. Surtout, ne jamais se laisser enfermer ni par un système, ni par une forme, ni même par une idée : dès que l’un ou l’autre sont exposés, s’en échapper, quitte à y revenir, mais s’en échapper d’abord pour aller vers ce qui n’est pas prévu ou prévisible.

Il en résulte une forme issue directement du matériau et des exigences de son évolution. Une forme souple comme une liane, épousant les pleins et déliés d’une courbe aux élans inattendus. Il en est ainsi de ma démarche personnelle : échapper à toute tentative de classification.

« Moving » signifie mouvant, mais aussi émouvant. Autre difficulté : celle d’émouvoir en laissant tous ses droits à la logique sonore tout en l’imprégnant de son propre imaginaire. Emouvoir sans tomber dans le « pathos ». Maurice Ohana disait : « Méfiez-vous du sublime. » Car dans certaines situations, le pathos prend le pas sur la musique et l’étouffe. Il y a là aussi une très subtile alchimie à découvrir qui quelquefois nous dépasse et arrive quand on ne s’y attend pas. Cela peut s’appeler la grâce.



EN MILLE ECLATS

   « Fût-ce en mille éclats
     Elle est toujours là
     La lune dans l’eau ! »
Cet haiku de Ueda Chôshu m’a donné la trame de cette pièce de violon commandée par l’ensemble japonais « Quartiers Musicaux », et qui sera créée dans le cadre d’un concert monographique de mes œuvres à Yokohama.



En bleu et or (2005)
Pour alto et piano

Cette pièce s’inscrit dans le prolongement de ma réflexion sur les rapports peinture-musique, commencée avec Nicolas de Staël dans mon concerto pour alto « Les rayons du jour » et continuée avec Turner. Le titre est en effet issu d’une toile de Whistler « Nocturne en bleu et or : la baie de Southampton », l’une de sa série des « Nocturnes » que Debussy admirait particulièrement. L’allusion à Debussy est ici volontaire, la facture de ce tableau (« Un nocturne est tout d’abord un arrangement de lignes, de formes et de couleurs », disait Whistler) correspondant à la liberté de la forme chez Debussy, liberté dont nous sommes les heureux héritiers.

D’autre part, mon travail compositionnel étant particulièrement axé sur l’expression du mouvement, j’ai voulu traiter ici son antidote, l’immobile, le silence, la paix intérieure admirablement évoqués dans cette toile, immobilité au sein de laquelle renaît le mouvement, de façon d’abord fugitive, puis éclatante. D’où la structure en miroir de cette pièce allant de l’immobile au mouvement et du mouvement à l’immobile.


BURNING(2007)
pour clarinette, violon, violoncelle, piano

Dédiée à Françoise Thinat, cette pièce est une commande du Concours International de Piano d’Orléans 2008, et sera créée à cette occasion le 4 Mars prochain.

Nous avons avec Françoise Thinat beaucoup réfléchi à cette formation qui correspondait pour moi au désir d’écrire une œuvre comportant les mêmes instruments que le « Quatuor pour la fin du temps » d’Olivier Messiaen, clin d’œil au centenaire de sa naissance célébré cette année. La comparaison s’arrête là. Ma façon éruptive et violente de traiter ces instruments est loin de l’univers généralement extatique du quatuor de Messiaen.

C’est une œuvre de musique de chambre où l’écriture de piano est traitée à importance égale de façon fusionnelle avec les autres timbres.

« Burning » trouve son origine et son enracinement dans l’univers de William Butler Yeats, poète irlandais mort en 1939, plus particulièrement des vers de son poème « Vacillation » :

   « C’est entre des extrêmes
    que l’homme va son cours.
    Tisons, souffles de feu
    Surviennent, qui détruisent
    Ces puissances contraires
    De la nuit et du jour »

Univers imprégné de la tragédie de la révolution irlandaise : trois thèmes traversent la poésie mystique de Yeats : le feu, le chant, la joie, « the final joy ». Le feu, l’éclair, consume pour une renaissance, le chant est cet espace privilégié d’une connivence entre l’absolu et le monde tel qu’il est, il en est la réconciliation. « The final joy » s’exprime par la danse, le rythme, qui est l’exaltation de l’instant, le triomphe de la vie.

Ainsi s’articulent les trois moments de cette pièce parcourue d’ « ostinatos », allant de la stridence à la mélodie, de la fulgurance à l’oscillation jusqu’à l’élimination progressive des éléments « pour que toutes choses s’effacent ».

Edith Canat de Chizy

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